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Les champignons hallucinogènes sont sur le point de nous faire vivre une révolution

Une découverte historique ouvre le champ à de nouvelles avancées.

Ce ne sont ni des végétaux, ni des animaux, et certains d’entre eux provoquent des effets psychotropes lorsqu’ils sont consommés. Nul doute que les champignons allaient nous réserver encore bien des surprises, et c’est ce que confirme une nouvelle étude d’une ampleur sans précédent. Publiée le 9 janvier 2024 dans Proceedings of the National Academy of Sciences, cette étude a analysé le génome de plus de cinquante champignons du genre Psilocybe, réputé pour ses effets psychotropes.

Jusqu’ici, seuls deux composés chimiques du Psilocybe attiraient véritablement l’attention: la psilocybine et la psilocine. Les deux hallucinogènes ont présenté un potentiel prometteur dans leur utilisation thérapeutique, notamment vis-à-vis des maladies mentales et des soins de fin de vie. En comparaison, très peu des 165 autres génomes qui composent le genre Psilocybe avaient été étudiés, mais ce désintérêt semble révolu.

Interrogé par Vice, le coauteur de l’étude Bryn Dentinger explique que la génomique (l’étude des génomes) constitue une pièce maîtresse indispensable pour «étudier toutes les propriétés uniques de ces différentes espèces». Il ajoute que lui et son groupe de recherche ont «poussé les recherches avec autant d’espèces et de spécimens que possible».

Les résultats sont au rendez-vous, puisque les chercheurs ont découvert que la production de psilocybine, le composé psychédélique dans le Psilocybe, est apparu il y a environ 65 millions d’années. À titre de comparaison, Homo habilis, la première espèce humaine, est apparue il y a environ 2 millions d’années. Avant cette étude, la communauté scientifique n’avait aucune estimation fiable du moment où certains champignons se sont dotés de leurs effets hallucinogènes.

Une porte ouverte à de futures découvertes

En proposant une documentation inégalée sur la diversité des champignons, ces nouveaux résultats jettent les bases pour la recherche de nouveaux traitements. Les biotechnologues pourront s’appuyer sur ces données pour concevoir des versions synthétiques et adaptées des composés hallucinogènes.

Dentinger félicite son équipe d’avoir «considérablement élargi les ingrédients disponibles pour développer ce type d’outils», et avance que les chercheurs n’auront plus besoin de se reposer sur un seul génome comme auparavant.

Pourquoi ce verrou ne saute-t-il que maintenant? Detinger se souvient qu’au début des recherches en 2020, son groupe a été ralenti par la réglementation et la stigmatisation qui entoure les champignons hallucinogènes. Pour que l’étude aboutisse, il précise que certains de leurs résultats ont dû être obtenus sur «d’autres groupes de champignons qui ne présentaient pas ces problèmes sociaux et politiques».

Ces gênes, qu’il qualifie «d’étouffements», se matérialisaient notamment par des collaborateurs refusant de prêter leurs échantillons pour les analyses, en raison des interdictions. Malgré les difficultés, le terreau laissé derrière cette étude est désormais fertile pour révéler les secrets de ces champignons aussi cruciaux qu’imprévisibles.

Source : Slate FR

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